Plus de 130 000 entreprises se créent chaque année en Belgique. Voici le parcours concret, dans l'ordre, avec le point que presque tout le monde sous-estime : le plan financier.
L'indépendant en personne physique démarre vite et à moindre coût, mais répond de ses dettes sur son patrimoine privé et paie l'impôt des personnes physiques (jusqu'à 50 %). La SRL protège le patrimoine, ouvre l'impôt des sociétés (20 % à 25 %) et le régime des dividendes, mais impose un formalisme : acte notarié, comptabilité complète… et un plan financier obligatoire. En pratique : on commence souvent en personne physique pour une activité d'appoint, et on passe en société quand les bénéfices ou les risques grossissent.
Pour constituer une SRL, l'article 5:4 du Code des sociétés et des associations exige la remise d'un plan financier au notaire, couvrant au moins deux années : sources de financement, bilan d'ouverture, comptes de résultats projetés et budget. Ce n'est pas une formalité : en cas de faillite dans les trois ans, ce document sert à juger si les fondateurs avaient prévu des moyens suffisants — leur responsabilité personnelle peut être engagée.
Même sans obligation légale (indépendant en personne physique), aucune banque n'accordera de crédit professionnel sans prévisionnel chiffré : compte de résultats, plan de trésorerie mensuel et capacité de remboursement (le fameux ratio DSCR que regarde l'analyste crédit).
La SRL n'a plus de capital minimum légal, mais exige des « capitaux propres suffisants » — c'est précisément ce que votre plan financier doit démontrer. Comptez en pratique un apport personnel de 20 à 30 % du besoin total de financement pour crédibiliser une demande de crédit.
Via un guichet d'entreprise agréé : numéro d'entreprise, activation des activités (codes NACE) et, dans la foulée, l'identification à la TVA. Pour une petite activité (moins de 25 000 € de chiffre d'affaires), le régime de la franchise dispense de facturer la TVA — avec ses avantages et ses limites.
Tout indépendant cotise environ 20,5 % de son revenu net (avec minima trimestriels, même sans revenu). C'est l'un des postes les plus oubliés des prévisionnels faits « de tête » — et l'une des premières causes de mauvaise surprise fiscale en année 2 et 3, quand arrivent les régularisations.
RC professionnelle, RC décennale en construction, assurance revenu garanti, compétences professionnelles pour certaines professions réglementées (uniquement en Wallonie et à Bruxelles — la Flandre les a supprimées, et les connaissances de gestion de base ont disparu dans les trois régions depuis octobre 2025), AFSCA en alimentaire… Chaque secteur a sa liste. Un bon plan financier intègre ces coûts dès le départ plutôt que de les découvrir en cours de route.
Le plan ne meurt pas le jour de l'ouverture : comparez chaque mois vos chiffres réels au prévisionnel (chiffre d'affaires, charges, solde bancaire). Un écart de plus de 15 % sur le chiffre d'affaires pendant plusieurs mois est le signal qu'il faut re-challenger le plan avec votre comptable — avant que la trésorerie ne le fasse à votre place.
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